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Lettre 22/lettre 12

6 Juin 2026 Publié dans #Ma chère Bichette, #Mon cher doudou

Mes petits chats,

C’est bientôt l’été, il y a des coquelicots dans les champs et j’ai eu envie de vous écrire. Ce sont mes fleurs préférées. Peut-être pour la beauté d’un champ qui devient rouge, peut-être pour cette entre-saison si agréable, peut-être aussi en souvenir de mon enfance. Je me souviens que je m’amusais à sortir les coquelicots de leur enveloppe, à défroisser délicatement leurs pétales. J’aimais cette fragilité entre mes doigts, devoir prendre soin pour faire naitre une belle fleur ; certes, toute plissée, mais déjà éclatante. C’était méticuleux, c’était calme, ça m’apaisait. Peut-être enfin parce que je relie depuis toujours cette fleur à la relation entre une maman et son enfant, depuis qu’enfant je chantais « il fait beau temps je t’ai cueilli un cadeau, il fait beau temps rien que pour toi maman ! C’est en été que poussent les coquelicots, ils sont tout rouges et y’en a plein les champs ».

Alors que dire de ce moment où les images symboliques rejoignent la réalité ? Car, c’est dans la salle coquelicot de la maternité que j’ai donné naissance à chacun de vous. Je me souviens de la première fois que je suis entrée dans cette pièce : c’était lors de la visite de la maternité, nous étions à 2 semaines du terme. J’ai complètement détesté cette visite : tout me semblait froid, tout sentait trop l’hôpital. On a visité les 3 salles de naissances, chacune avec un thème (une grande image sur le mur du fond), je suis sortie de là dépitée, et j’ai dit à votre papa « je ne veux pas accoucher dans cette maternité ». Je me souviens de son regard mi-surpris, mi-angoissé en mode « elle me fait quoi là ??! ». Et j’ai ajouté « ou à la limite dans la salle coquelicot, mais sinon je n’accoucherai pas ici ». malgré mon ton catégorique, il a tenté de me raisonner, il m’a surtout rappelé que je n’avais pas le choix et accessoirement, que c’était pas l’hôtel et que je ne pourrais pas choisir la pièce.

N’empêche que mon souhait fut réalisé : le jour J, j’ai accueilli ma belle bichette face à ce mur de coquelicots, et deux ans et demi plus tard, j’accueillais mon doudou dans cette même salle, que j’avais retrouvé avec bonheur : c’était quasiment comme à la maison !

 

Alors aujourd’hui, quand je vois un champ de coquelicots, ça m’émeut presque aux larmes. Je repense à votre arrivée, à ces moments suspendus : fragiles et éclatants, comme un coquelicot. Je repense à ce travail méticuleux dans mon corps pour faire naitre mes bébés. Et je pense à vous, à nous, à notre relation qui a besoin d’un soin si sensible, toujours. J’aime les coquelicots parce qu’ils me rappellent combien ce qu’on a est précieux : notre famille, nos liens, nos souvenirs et notre devenir, la vie qui passe et reste éclatante, notre amour…

 

Je vous aime,
Maman

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ECRIRE

22 Mars 2026 Publié dans #écrire, penser, s'évader

Parfois j’ai besoin d’écrire. Étrange comment j’ai pensé "écrire" et comment mes doigts ont tapé "être". "Parfois j’ai besoin d’être ?" Oui, certainement, que parfois il serait bon d’arrêter de m’agiter en tout sens et de juste me poser : être. J’en ai connu de ces périodes où je m’agite ; c’est mon évitement à moi. Il y en a qui végète devant un écran, il y en a qui court chaque soir, moi je m’agite dans ma tête : j’ai la machine à idées qui se lance et hop fini le vide, fini le temps pour penser. Le bruit des idées fait taire la vraie pensée, celle qui crierait la vérité. Ne me demandez pas quelle vérité, je n’en sais rien, puisque je fuis dans le sens opposé. Plus je dépose derrière mes pas de nouvelles idées et de nouveaux projets, plus ça fait de la distance et de la matière entre moi et "ça" ; le fameux "ça" qui pourrait me mettre à terre. Bref, je préfère poursuivre ma fuite vers l’avant. Parfois, je retrouve le calme, je me retourne et je mène ma petite barque tranquillement au fil de l’eau. Quand j’approche trop du "ça", je repars dans l’autre sens, un autre petit coup de course effrénée. Peut-être qu’il serait temps de cesser les courses, de vraiment regarder là où il y a à regarder. Face à face avec le "ça", temps vide pour penser face à ma vérité. Juste être. Rien que d’y penser, ça panique en moi et je sens mon cerveau qui a envie de courir. Non, on a dit stop, on a dit : écrire, penser, être. Alors ok, j’essaie :…

Ils sont abyssaux ces 35ans. Ce sentiment d’être au point culminant de ma vie. Que tout ce qui ne pourra plus se réaliser là, tombe dans les limbes de ma vie. Qu’il y a un avant et un après. La crise de la quarantaine avant l’heure. Est-ce que si on la fait en avance on meurt plus jeune ?

Je crois que c’est celle-là la vérité insupportable : c’est de regarder autour de moi tomber dans les limbes les projets que j’ai laissés m’échapper. Tout ce que je ne serai pas. Tout ce que je n’ai pas eu le courage, la force, l’intelligence d’être. Ce champ des possibles qui diminue au fur et à mesure que la vie avance. La prise de conscience effroyable qu’un jour, je serai au crépuscule de ma vie, que je regarderai derrière et qu’il y aura une tonne de regrets et probablement pas assez de fierté pour compenser. La violence inouïe de la conscience accrue qu’il n’y a qu’une vie, qu’elle est en train de passer et qu’on ne fait pas le quart de ce qu’on devrait. Et les autres autour ? Punaise, j’ai l’impression qu’ils n’ont même pas capté qu’il n’y avait pas de bouton reset. C’est ce qui les sauve peut-être. C’est pour ça que je me sens seule à m’agiter comme ça ? J’ai compris l’absence de bouton reset et à chaque fois que je regarde cette vérité en face, ça m’écrase. Alors bon, autant continuer la fuite vers l’avant. Et puis, la fuite en avant, les idées, les projets qui comblent l’espace et le temps, peut-être qu’un jour, par miracle ça mènera là où je ne m’attendais pas : genre, à me réaliser, à pouvoir mourir avec plus de fiertés que de regrets. Qui sait ?

Allez, assez écris pour aujourd’hui, assez pensé pour aujourd’hui, assez. Je prendrais le temps d’être plus tard, pour l’instant j’ai à faire.

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Lettre 11 : celle de tes 3ans

11 Janvier 2026 Publié dans #Mon cher doudou

Mon petit chat, 

3ans déjà ! Qu'est-ce que tu diras quand tu auras 20ans et que tu liras ces premiers mots "mon petit chat" ? Sûrement pas la même chose que ce jour "je ne suis pas un chaton maman, je suis un dinosaure !". Tu es si drôle ! Parfois j'essaie de t'imaginer ado puis adulte mais mon cerveau n'y arrive pas : indéniablement, tu restes "mon petit chat"... 

C'est une sacré étape que ces 3ans ! Cette année, tu t'es mis à parler, à raconter, à imaginer ! On découvre chaque jour l'étendue sans fin de ton imagination florissante, ton humour, ton goût pour les histoires, la musique et le chant. On t'écoute, on te regarde et on sourit nécessairement. Tu es un ensemble de petites mignonneries... Depuis quelques mois par exemple, tu as développé un petit accent et rajoute le son "y" à chaque fin de phrase : c'est la chose la plus adorable qui soit.

A côté de cela, au cours de cette année, on a découvert toute l'étendue de ton caractère . Notre petit bébé tout sourire est devenu un petit garçon qui peut s'opposer, râler et bouder : cette année, tu as tapé du pied, tu t'es roulé par terre, tu as refusé d'avancer, tu as crié très fort, tu as craché, tu as tiré la langue, tu as tapé... ça n'a pas été de tout repos ! Et nous n'en sommes pas encore sorti ! Mais nous t'accompagnons au mieux.

Le langage t'a aussi permis d'exprimer plus fort cette sensibilité qu'on avait pré-senti : ton intolérance au bruit, ton caractère anxieux, tes peurs discrètes et ton besoin d'être au plus proche de nous. L'entrée à l'école a été pour toi une super découverte, avec, il me semble, un véritable plaisir à découvrir les autres et le monde, et en même temps un vrai déchirement. Je t'entends encore si souvent me dire "je suis triste de te quitter. Je pleure quand tu t'en vas. Tu peux rester avec moi ?" et tes petits bras qui me serrent, tes petits pieds qui refusent d'avancer. Parfois, j'avoue, moi aussi j'aimerais ne jamais te quitter... Alors, je chante "un bisou sur la joue, un bisou sur l'autre joue, un bisou sur le nez, on se souhaite une bonne journée !". Et pour aujourd'hui, j'ajoute, je te souhaite un merveilleux anniversaire et de belles années de joie, d'amour, de sensibilité, de créativité, d'affirmation, de découverte, de liberté... ! Je te souhaite d'être toujours cet être exceptionnel quand viendra le jour où je ne pourrais plus assumer à haute voix de t'appeler pour toujours dans ma tête "mon petit chat". 

Je t'aime, 
Maman

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Lettre 21/lettre 10

14 Décembre 2025 Publié dans #Ma chère Bichette, #Mon cher doudou

Mes enfants, 

 

C'est surement une des lettres les plus importantes que je vous écrirai et la première que je vous adresse à 2. Voilà ce qui me taraude : Élever une fille pour qu'elle ne doute jamais qu'elle a autant de valeur qu'un homme, mais élever un garçon pour qu'il ait la conviction qu'il ne vaut pas plus qu'une femme. Élever une fille au sens basique du terme : vraiment l'élever, aussi haut qu'elle le peut et le désire, en se détachant de toutes représentations de faiblesse, de fragilité, en se refusant d'être petite. Mais élever un garçon en se limitant à ne jamais l'élever au-delà de ce qu'il est, ne jamais en faire un géant. Savoir que notre éducation aura à lutter contre une société qui lui transmettra à elle la soumission, le calme et la douceur d'être une femme et à lui la puissance, la domination et l'agressivité d'être un homme. J'aimerais croire que vous apprendrez du modèle familial qu'on vous offre, mais il ne s'agit pas là que d'une histoire de partage de tâches domestiques ou de respect mutuel homme/femme. Cela va au-delà, c'est insidieux, ce regard qu'on porte sur l'un, sur l'autre, sur vos comportements... Ces phrases que je lâche parfois "c'est peut-être parce que c'est un garçon...". 

J'ai longtemps pensé qu'en tant que mère, il me serait plus simple d'élever une fille, de lui apprendre à ne pas se laisser marcher sur les pieds. Mais est-ce vraiment si simple ? Est-ce que lorsque je dis cela je lutte contre les stéréotypes ou est-ce qu'au contraire je les perpétue ? 

J'aimerais vous élever sans me poser cette question qui me hante : ma fille sera-t-elle victime ? Mon fils sera-t-il agresseur ? Et si, en me posant la question ainsi je passais complètement à côté ? Et si en élevant l'une à ne pas être victime et l'autre à ne pas être agresseur, je mettais justement en avant que c'est ainsi que je me les représente ? Pourquoi une part de moi n'arrive pas à vous pensez autrement que dans ces stéréotypes ? 

 

Hélène quand tu es née, j'ai vraiment senti le poids de cette mission, une pensée qui m'a traversé comme "tu seras une femme forte ma fille". Il fallait te donner les armes pour cela. Être une femme forte c'était pour moi : une fille intelligente qui ne tombe pas dans les pièges de la masculinité néfaste, une fille qui a confiance en elle, en ce qu'elle est et en ce qu'elle fait, une fille qui sait dire non et qui le dit haut et fort, une fille qui sait qu'on lui doit le respect partout, tout le temps, par tous. J'ai tremblé en me disant qu'il fallait que je te donne les codes pour ne jamais te laisser faire, pour que tu saches te protéger, pour que jamais personne, enfant ou adulte, ne te touche, ne te harcèle ou ne t'abuse. 

 

Puis, Simon tu es arrivé. Et déjà dans mon ventre, cette déferlante de questionnements : un garçon donc... Comment j'allais faire avec un garçon ? Comment ça s'élève ? Ce vide intersidéral dans mon esprit. Moi la fille, élevée au milieu de ses soeurs et ses cousines, comment pouvais-je être une bonne mère pour mon garçon ? Je n'avais pas les réponses alors j'ai oublié les questions. Ça viendrait naturellement, non ? Eh bien non, te voilà à presque 3ans et ça ne vient pas naturellement. Tu quittes officiellement le statut de bébé -petit être pour ainsi dire asexué-, et tu deviens petit garçon. Tu entres dans la société par le biais de l'école et là, maintenant, ça me frappe de plein fouet : tu rentres à la maison en utilisant tout ce qui te tombe sous la main comme une arme "pan pan pan, je suis un chasseur ! Un militaire !", tu pousses, tu cries, tu sautes et roules au sol dans une démonstration puissante. J'en reste sans voix : pourquoi donc mon petit garçon me ramène-t-il toute cette agressivité à la maison, alors que sa soeur n'en a jamais rien fait ? Et là, la réponse qui s'impose comme un coup de massue "c'est un garçon". D'abord le doute, puis l'évidence  : Hélène a sûrement été (et est toujours) confrontée aux mêmes jeux, aux mêmes mouvements agressifs que son frère aujourd'hui, mais je n'en ai jamais rien vu sous mon toit, car elle ne s'identifie pas à cela : elle en est tout bonnement spectatrice. Hélène quelle spectatrice es-tu ? Est-ce que ça te fait peur et tu t'éloignes ? Est-ce que tu les admires ces mini-mâles dominants ? Est-ce que tu voudrais être comme eux mais n'ose pas ? Mon fils, toi, tu t'y identifies. D'un seul coup, j'ai cette image terrible d'une cours d'école que vous partageriez : toi mon fils, au milieu avec les autres garçons à être bruyant, puissant, bagarreur. Toi, ma fille reléguée à la périphérie avec les autres filles, tout au mieux indifférente. 

J'ai envie de changer l'image mais je ne sais pas par quel bout prendre le problème. 

Et je vois bien que je fais partie du problème. Dans mes actes, dans mes paroles, dans mes réactions, dans ce que je montre, dans ce que je suis, dans ce que je dis à votre père, dans chacune de mes façons de penser les relations homme/femme. Je suis imprégnée de ce modèle que j'aimerais ne pas vous transmettre.

Une part de moi espère qu'être élevés ensemble fera une partie du job, que vous apprendrez la justesse de votre place en vous aimant l'un et l'autre, et en aimant partager des moments ensemble. Et pour le reste ? Je ne peux que vous promettre que nous ferons au mieux.

 

Je vous aime,

Maman

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Lettre 20

2 Septembre 2025 Publié dans #Ma chère Bichette

5ans ! 5ans que je t'admire, que je te découvre, que je t'aime, que je mesure la chance, l'honneur et la fierté infinis d'être ta maman. Tu as fait naître une meilleure version de moi-même il y a 5ans, alors je m'efforce chaque jour de t'accompagner pour que tu sois la meilleure version de toi-même. Je n'ai pas écrit ces mots immédiatement le jour de ton anniversaire. Peut-être parce que ces 5ans sont un cap de ceux que je n'étais pas tout à fait prête à franchir. Cet été, nous t'avons vu te rebeller, t'opposer, t'imposer. Tu nous as defié souvent, et tu as crié de colère, mais surtout tu as crié de désir : désir d'être plus grande encore, plus indépendante. Et parfois d'autres cris, ceux d'un désir d'être petite encore, notre bébé. Quel conflit dans un si petit être quand on veut simultanément toucher du doigt la vie d'adulte tout en retrouvant l'innocence de la plus prime enfance ! J'ai sûrement partagé ce conflit : celui d'assister encore et toujours à ce spectacle que j'admire tant depuis 5ans, où je te vois grandir, évoluer, apprendre... Et celui de te garder petite fille, à choyer et à faire rêver. Et te voilà au CP et j'aspire à te préserver d'un monde où les enfants grandissent trop vite. Samedi, on a fêté ton anniversaire avec tes copains/copines et je n'ai pas résisté au plaisir de te faire rêver. Alors, j'ai créé un grand jeu, je me suis déguisée en fée et on s'est laissé aller à l'imaginaire. Ce soir encore tu m'as demandé "mais maman quand tu étais en fée, tu avais vraiment des pouvoirs ?", et je me suis sentie heureuse. Je t'aime et encore Joyeux anniversaire ma bichette ❤️

Maman

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Lettre 9 : celle remplie de lumière

7 Juin 2025 Publié dans #Mon cher doudou

Mon petit chat,

Tu grandis, tu changes, tu nous surprends... On prend tant de plaisir à découvrir un peu plus chaque jour ta personnalité ! 

Sans surprise, tu restes l'enfant jovial que nous avons accueilli il y a un peu plus de 2ans. Avec toi, pas d'ennui : sourire aux lèvres, tu pousses la chansonnette dès que l'occasion se présente, tu danses et tu grimaces. Tu aimes rire et faire rire. Tu es cet enfant solaire qui apporte à chaque instant rire et lumière dans la maison. Même ta soeur s'exclame "mais regarde sa bouille : il est drôle !". Tu t'exclames "génial !" dès que quelque chose te plaît et ça sort tellement du coeur qu'on ne peut que sourire avec toi. Dernièrement, tu attrapes la main de ta soeur, tu lui dis "viens Hélène !" Et puis tu murmures ton idée de bêtise. Elle pouffe de rire et bien sûr elle te suit. La suite c'est une porte de chambre qui se ferme discrètement pour laisser le champ libre à vos "bêtises" d'enfants loin des oreilles de papa et maman. J'aime tellement voir ce que tu lui apportes de ta place de petit frère : des moments de joie, des fous rires, des idées de bêtises qu'elle n'aurait jamais osé faire seule. 

Tu es aussi un petit distributeur d'amour : les câlins, les bisous, les coucous survoltés aux inconnus, les mercis si sincères et spontanés... Et puis récemment, tu as commencé à nous appeler "maman d'amour, papa d'amour, Hélène d'amour,..." pas pour nous faire fondre et céder devant ta bonne bouille, juste parce que tu le ressens comme ça, alors pourquoi ne pas le dire ?

Si j'écris ces mots, c'est parce qu'il y a parfois des moments de noirceur dans la vie et que, j'ai beau prié pour que ça ne t'arrive jamais, je sais que ta vie n'en sera pas exempte. Alors, quand tu traverseras le plus sombre des tunnels, j'espère que ces mots te rappelleront quelle lueur brille en toi et combien, depuis ta naissance, tu as le pouvoir d'illuminer le monde. 

 

Ta maman d'amour 

 

PS : hier, tu t'es toi-même appelé "Simon d'amour" parce qu'on n'est jamais mieux servi que par soi-même !

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Lettre n°8 : celle de tes 2ans

22 Janvier 2025 Publié dans #Mon cher doudou

2ans ! Cette année est passée en un éclair. Et toi, pendant ce temps-là, tu as poussé comme un champignon et tu as tant évolué. Il ne se passe pas une journée sans que j'admire une facette de ton caractère. 

Cette année, on a découvert avec toi ce que veut dire "aimer les autres". Ton papa et moi, on se décrirait plutôt comme des êtres associables. Toi, certes tu te caches dans mes bras quand un inconnu vient vers toi, mais tu as cette ouverture naturelle vers l'autre. Tu fais coucou à toutes les personnes et voitures que l'on croise, et avec ton plus beau sourire en prime. Et les gens te répondent, agitent leur main tout sourire depuis leur voiture : tu es comme un petit distributeur de joie ambulant. Et, comme les autres te le rendent bien, je crois que ça te rend aussi très joyeux. 

Cette année, on a découvert ce que signifie "liberté". Tu n'es pas un petit être malléable : tu as ta propre vision des choses et on ne t'imposera rien. Tu fais les choses quand tu veux et comme tu veux. Si je te propose une activité, je sais que tu ne feras jamais selon mon modèle ! Tu feras comme bon te chante et ton maître-mot semble être "efficacité" ! Pourquoi être minutieux quand on peut faire à peu près bien et vite ? Tu nous apprends le lâcher prise ! Et comme c'est une qualité qui ne nous caractérise pas ton papa, ta sœur et moi, c'est un apprentissage très utile ! 

Cette année, on a découvert le doux son de ton mécontentement. On savait déjà que tu aimais donner de la voix. On a franchi un nouveau cap depuis que tu découvres la terrible frustration. On n'a pas encore trouvé comment t'accompagner dans tes colères... Mais on cherche et on espère trouver vite pour le bien-être de nos oreilles 😁 

Cette année, on a attendu de pieds fermes tes premiers mots et on s'est un peu inquiété. Finalement, ça ne fait que quelques semaines que tu as explosé au niveau du langage ! Tu as découvert l'intérêt de te faire comprendre et tu ne boudes pas ton plaisir alors tu répètes les mêmes mots très heureux ! Papa te surnomme "mon petit radotin" ! Et surtout tu adores chanter ! Tu accompagnes avec joie ta soeur ou moi-même en chantant les mots que tu connais. J'adore ces moments ! Question chanson, tu sais ce que tu veux (encore une fois) et si j'entonne un air qui n'est pas à ton goût, tu me coupes au bout de 2 mots d'un "non" catégorique ! Parfois 5-6 chansons de suite avant que je ne trouve ton bonheur et qu'on puisse chanter ensemble !

Cette année, on a ri avec toi, on a dansé avec toi, on a chanté avec toi, on a lu 1000 histoires, on a joué (surtout à te mettre la tête à l'envers car tu adores ça 😅), on a couru derrière toi, on a fait des centaines d'heures de câlin,... On a aussi crié, parfois pleuré, on a eu envie de te faire dormir au grenier ! Tout n'est pas toujours de tout repos mais qu'est-ce qu'on t'aime ! 

J'ai hâte de te voir encore et toujours grandir : c'est parti pour ta 3eme année mon grand garçon !

 

Je t'aime, 

Maman

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Lettre 19

26 Décembre 2024 Publié dans #Ma chère Bichette

Ma bichette,

Ces dernières semaines, ton papa et moi, avons pris une grande décision pour toi, pour ton avenir. On s'est trituré l'esprit pendant des jours et des jours, on a demandé conseils et avis à tous ceux qu'on croisait, on a pesé le pour et le contre, et puis finalement on a accepté l'idée que, comme souvent dans la vie, il n'y avait pas de bonnes décisions : il y avait un chemin à choisir sans savoir où il mènerait. J'aurais aimé avoir une boule de cristal, j'aurais aimé être sûre, j'aurais aimé affirmer "on fait le bon choix". Ca aurait été si confortable ! Mais être parent c'est aussi prendre des décisions, que peut-être un jour les enfants nous reprocheront. Alors, on ne pourra que dire "on a fait de notre mieux avec ce qu'on savait à ce moment-là". Parce que c'est bien de cela dont il s'agit : prendre une décision uniquement avec les cartes qu'on a en main sans savoir comment va tourner le jeu. On parie sur l'avenir, on parie sur ton devenir, on parie sur tes ressentis, on parie sur TOUT, et on espère avoir une main chanceuse.

 

On a fini par lâcher prise. Quand même, il faut que je te le dise : j'ai toujours été contre le passage de classe, par principe. Parce que "il y a toujours à apprendre", parce que "pourquoi se mettre en difficulté quand tout peut être facile ?", parce que "être en avance scolairement ne présage en rien de la maturité", parce que "les instits n'ont qu'à s'adapter"... etc. Des phrases type sur la question, j'en ai des dizaines. Si un jour on m'avait dit que j'accepterais un saut de classe pour mon enfant, j'aurais ri et affirmé "JAMAIS DE LA VIE"... mais avec les enfants, ne jamais dire jamais. Il y a ce qu'on croit, et puis il y a vous, petits êtres, qui faites basculer nos principes et nos certitudes. Il y a ce qu'on croit, et puis il y a ce qui s'impose quand on écoute qui vous êtes et ce que vous désirez.

 

Ca m'a pris du temps de faire taire la petite voix dans ma tête qui réfléchissait en fonction de mon histoire, de mon parcours scolaire. (Et d'ailleurs, je mens, car je l'entends encore, mais elle a changé de discours.) Cette voix disait "regarde, tu n'as jamais passé de classe, tu n'as pas été en échec et la vie était cool, tu as fait ton petit bonhomme de chemin tranquillement. Pourquoi passer une classe quand on peut juste profiter de son avance ?". Et je me répétais que ça c'était MON histoire mais pas la tienne, qu'il ne fallait pas que mon vécu influe le tien. Finalement, il y a eu d'autres échos de voix : "et si j'avais passé une classe : est-ce que je serai aussi perfectionniste aujourd'hui ? est-ce que j'oserai un peu plus quitte à risquer de me planter ? Et si j'avais été avec des élèves plus âgés toute ma scolarité, n'aurai-je pas plus facilement trouvé ma place ?". Petit à petit, j'ai compris qu'il n'y avait pas de bonnes options, car les deux options ont des avantages et des inconvénients, et que je ne les mesure qu'en fonction de moi, de mon vécu, de mes ressentis : tout cela est et sera encore bien différent pour toi. Et puis, j'ai surtout compris que l'important n'était pas cette décision mais comment on t'accompagnerait sur le chemin choisi.

 

Alors, nous y voilà ma grande chérie : dans une dizaine de jours, tu entreras officiellement en grande section de maternelle après seulement un trimestre chez les moyens. On sait que c'est la bonne solution pour cette année, car tu nous dis que chez les grands c'est "vraiment beaucoup plus intéressant" et que tu te sens capable de te trouver de nouveaux amis. Et probablement que pour les 2-3 années à venir, cette décision sera aussi la bonne. Au-delà, nous n'avons pas de visibilité sur qui tu vas devenir, sur tes besoins, tes envies, tes choix. Mais nous serons là. On t'accompagnera quoiqu'il advienne.

 

Je te souhaite, à travers ce saut de classe, de trouver dans ta scolarité ce que je n'y ai jamais trouvé : des défis, des difficultés, des obstacles et même quelques échecs. Je te souhaite de ne pas être scolaire mais d'être dans la découverte, la recherche, la curiosité, le plaisir d'apprendre. Je te souhaite de ne pas être dans la course à l'excellence, mais d'aimer ce que tu fais, de choisir tes priorités avec justesse et équilibre, de tomber et de te relever, d'essayer et de persévérer. Je te souhaite de t'ouvrir, de t'épanouir, de te cultiver. Je te souhaite de ne pas être intelligente au sens strict du terme, mais d'être pertinente et curieuse. Je te souhaite une intelligence sociale, artistique, culturelle, sensible, créatrice, vive, humaine... toutes ces intelligences qu'on ne peut pas noter, mais qui feront de toi quelqu'un de tellement plus riche qu'une mention à un diplôme.

 

Je t'aime et j'ai un fierté illimitée pour la merveilleuse petite fille que tu es,

Maman

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Lettre 18

28 Août 2024 Publié dans #Ma chère Bichette

Ma grande chérie,

4ans ! Un nouvel anniversaire et une nouvelle claque pour nous : que le temps passe vite ! Je me souviens de ton petit corps en boule lové contre nos torses à la maternité. Maintenant, tu n'as plus qu'une idée en tête : grandir, grandir, grandir ! Il ne se passe pas une journée sans que tu nous dises "quand je serai grande...". On le sent à chaque instant ce désir d'être grande, de faire par toi-même, d'avoir une vie d'adulte. On est à table et d'un seul coup une tristesse sur ton visage "je ne sais pas comment je vais les appeler mes enfants". On se promène et tu nous questionnes " quand je serai pompier, je le garerai où mon camion ?". Au coucher, tu me dis "moi j'aurai 17 enfants, mais je peux pas encore maintenant, c'est que les grands qui peuvent avoir des bébés". Le reste du temps, tu veux tout faire toute seule, comme une grande. Quand tu es fâchée, tu cries "je veux ma maison à moi toute seule ! Je vais aller vivre dans la maison des voisins qui sont morts ! Dès que j'ai 6ans, je vais là-bas". Mais, parfois la nostalgie te rattrape, alors que je te félicite de tes réussites, tu me dis "moi suis bébé !". Que c'est dur cet âge où tu sembles tiraillée entre des désirs opposés ! Et ça répond à ce que je vis : l'envie de te garder petite ma bichette d'amour et le désir de te voir grandir toujours plus. 

Et j'admire ton désir de te lancer dans la vie, de rêver au futur, de voir grand pour plus tard ! J'admire ta ténacité quand tu ne réussis pas à faire comme les grands ! Cette année tu as voulu apprendre à lire et à l'aube de tes 4ans tu déchiffres et lit tes premières phrases. Tu as voulu apprendre à faire du vélo sans roulettes et malgré la motivation mitigée de tes parents pour t'apprendre, tu n'as rien lâché et te voilà à faire tes premiers tours de roues en solo. 

Il faut le dire ta 4eme année n'a pas été la plus simple : on essaie de t'accompagner au mieux mais tu prends parfois des virages serrés où l'on a bien du mal à te suivre. On s'est questionné sur ta scolarité, on a passé des heures de réflexion à savoir comment t'accompagner au mieux dans ton perfectionnisme acharné, comment aussi rester calme face à une rébellion toujours plus vive ! Tu ne nous épargnes pas mon petit chat ! Mais les enfants ne sont pas là pour épargner les parents, ils sont là pour vivre pleinement. Tu me rappelles un peu plus chaque jour comme c'est beau d'être enfant. Mais toi, qui veux être grande, le vois-tu combien c'est beau l'enfance ? Faut-il être adulte pour toucher du doigt le bonheur d'être enfant ? Si c'est le cas, je veux m'évertuer chaque jour, à faire de ton enfance le souvenir le plus doux, le plus magique qu'il soit. Je te souhaite un joyeux anniversaire, je te souhaite une belle et merveilleuse 5eme année, je te souhaite d'être un jour nostalgique de tes 4ans. 

 

Je t'aime,

Maman

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Fucking four

18 Août 2024 Publié dans #Etre parents, #bébé dino

Ma fille va avoir 4ans... Vous connaissez le "fucking four" ? Non ? Moi non plus, je ne connaissais pas jusqu'à ce que je me dise que le "terrible two" durait quand même hyper longtemps et que je découvre qu'après le fameux "terrible two" il y avait le "threenager" puis le "fucking four". Si je résume : vos enfants auront votre peau avant leur 5ans (et il doit bien exister une crise à 5ans avec joli nom mais je préfère faire l'autruche). Donc, à une dizaine de jours des 4ans de ma bichette, on est en douce transition entre "threenager" et "fucking four", et donc à 2 petits doigts du pétage de câble maternel.

 

BREF ! 

 

Scène de la vie quotidienne du mardi 13 août 2024 : 

L'enfant-fucking-four-transition ne veut pas sortir du bain. Jusque-là, pas de quoi fouetter un chat. Distance, bienveillance, calme : "ok bichette, encore 2 minutes, je vais chercher mes affaires et quand je reviens, tu sors". Bon je vous la fais courte : elle n'est pas sortie. Donc distance bof bof, moyen-veillance, pseudo-calme : "maintenant tu sors, ça suffit". Et là, hurlement strident digne de l'oeuf du tournoi des 3 sorciers de Harry Potter (quoique même plongé dans l'eau, il n'y avait aucun moyen que ça se transforme en doux chant de Sirène !). Moi, oreilles qui saignent, distance 0, bienveillance on repasse, calme à néant : "non mais ça va pas d'hurler comme ça ? Tu nous casses les oreilles ! T'es pas toute seule dans cette maison alors ce serait bien de respecter le besoin de calme des autres !". J'ai tendu la perche et tel Armand Duplantis, elle l'a saisie en mode "je vais te passer un 6m25, tu vas rien comprendre ma petite maman". 

1er essai de saut : "bah moi je veux vivre toute seule dans une maison rien qu'à moi où je pourrais crier !" 

Maman rétorque "oui, oui quand tu seras grande, tu feras comme tu voudras mais pour l'instant, on veut du calme ! Alors tu t'essuies, tu t'habilles et t'iras te calmer dans ta chambre"

2eme essai de saut : " et même que j'ouvrirai les fenêtres pour crier très fort !"

Maman mollit "eh bah tes voisins vont pas être très contents" 

3eme essai : "eh bah je vivrais dans la forêt !!" et bam ! 6m25, record du monde !

J'avoue : j'ai ri ! (Et pendant un dixième de seconde je me suis quand même vue la déposer dans une cabane en pleine forêt). 

Fucking four à nous 2 ! Pourvu que la répartie de notre bichette nous aide toujours à dédramatiser et à désamorcer la crise.

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